Un conte de la mondialisation, à la fois extraordinaire et banal. L'histoire d'un entrepreneur ayant construit un empire sur le made in France et ce qui s'y rattache : l'art de vivre, de fabriquer, de s'habiller, de vinifier, de voyager. Le luxe et l'excellence de marques nobles, anciennes, autrefois artisanales et désormais portées à l'échelle industrielle, pour une clientèle planétaire qui souhaite s'offrir le frisson distinctif de la fringue griffée et du sac à logo. Bernard Arnault aura eu le génie de créer et de sans cesse entretenir ce désir mondial, se hissant du même coup au summum de la richesse personnelle. L'enquête que publie aujourd'hui Libération démontre que cette fortune a été patiemment, secrètement déménagée en Belgique, destination décidément prisée au-delà d'un certain niveau de revenus. A priori rien d'illégal : juste la banale ingéniosité des maîtres de la mondialisation, qui ignorent les frontières et semblent oublier les pays qui les ont faits rois. D'où l'émoi et la polémique nationale suscités par la nouvelle de sa demande de nationalité belge, peut-être pour des raisons fiscales, même s'il n'a cessé de le démentir. Mais pourquoi diable vouloir à ce point devenir belge ? En refusant de s'expliquer clairement et publiquement sur la manière dont il gère un patrimoine industriel de premier plan, sur l'avenir qu'il lui imagine, la manière dont il souhaite en assurer la pérennité, Bernard Arnault prend le risque d'alimenter le soupçon,
EDITORIAL
Emoi
Réservé aux abonnés
Publié le 23/01/2013 à 23h06, mis à jour le 24/01/2013 à 12h04
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus