La CGT contre-attaque dans l'épineux dossier Goodyear. Accusée d'être en bonne partie responsable de la fermeture prochaine de l'usine d'Amiens-Nord (1 173 salariés), annoncée jeudi par la direction, le syndicat a organisé hier une conférence de presse pour dénoncer les «calomnies» et affirmer qu'il était prêt au dialogue pour sauver le site. «La CGT apporte sa solidarité et sa fraternité aux camarades de Goodyear qui se battent depuis plusieurs années. Nous ne laisserons pas faire et nous allons être fortement soudés face aux attaques», a lancé Thierry Lepaon, qui succédera en mars à Bernard Thibaut à la tête de la CGT.
«Mur». «On voit bien que quand il y a des dogmes et pas de volonté de sauver l'emploi, on va dans le mur», avait taclé, vendredi, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, estimant que la direction et la CGT (80% des voix à Amiens-Nord) «portent une responsabilité […] à part égale» dans la fermeture. La veille, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait fait un diagnostic similaire, appelant la CGT à «mettre de l'eau dans son vin».
Le principal reproche fait à la confédération, qui bataille depuis cinq ans contre la restructuration voulue par Goodyear, est d'avoir fait capoter, l'an dernier, la reprise partielle du site. Le groupe américain Titan s'engageait à reprendre l'activité pneus agricoles du site et à garantir les 537 emplois correspondants pendant deux ans, tand




