Les géants de l’automobile vont-ils finalement imposer leurs mégaplans de restructuration avec le soutien de moins en moins tacite de l’exécutif ? C’est ce qui se dessinait, hier, à l’issue des discussions chez Renault, PSA et Goodyear. Avec, à chaque fois, un scénario identique : une CGT qui joue la ligne dure contre les suppressions d’emplois face à des syndicats réformistes prêts à les accompagner.
Inéluctable. De son côté, le gouvernement semble avant tout préoccupé par les risques de débordements violents (soulignés par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls) et est prêt à avaliser les plans sociaux au nom du réalisme économique. Ces derniers jours, celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a ainsi jugé que la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014 était inéluctable, demandant aux syndicats d'avaliser les suppressions de postes. Hier matin, c'est son collègue du Travail, Michel Sapin, qui appelait «les salariés en colère» à «privilégier» le «dialogue» pour trouver des «solutions».
Pas de quoi convaincre ceux de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, rassemblés devant le siège du groupe à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où la direction a détaillé son plan de fermeture du site lors d'un comité central d'entreprise. Avec 750 salariés présents (sur 1 172), Mickaël Wamen, le charismatique leader CGT (84% des voix), a réussi sa démonstration de force. «On ne lâchera rien




