La bonne fortune d’Arnaud Lagardère commence à faire polémique. Son groupe s’apprête à palper une plus-value de plus d’un milliard d’euros en vendant ses 7,44% du capital d’EADS, le géant franco-allemand de l’aéronautique.
Le problème, c’est que Lagardère a obtenu, avec l’aval de l’Etat (actionnaire à 15%), des conditions très favorables. Ce qui a fait tiquer Jean-Luc Moudenc, député UMP et ancien maire de Toulouse (qui abrite le siège d’EADS). Selon nos informations, il a écrit le 20 février au patron du groupe, Tom Enders, et au ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, pour leur demander de repousser l’opération. Et de se montrer moins généreux envers Lagardère.
Logique. L'héritier de Jean-Luc Lagardère (décédé en 2003) n'a jamais caché son désintérêt pour l'empire aéronautique bâti par son père, et sa volonté d'en sortir. Un souhait partagé par l'allemand Daimler. Les deux actionnaires privés avaient déjà vendu une partie de leurs titres en 2006, juste avant l'annonce des retards de l'A380. Ce qui leur vaut d'ailleurs une mise en examen pour délit d'initié (1). Mais ils veulent désormais sortir pour de bon. Ce qui a forcé Paris et Berlin à conclure, le 5 décembre dernier, un accord qui remet à plat l'actionnariat et la gouvernance d'EADS.
La logique aurait voulu que les partants vendent leurs titres sur le marché. C'est ce qu'a fait Daimler, en cédant la moitié de ses actions (7,5%) dès le 5 décembre. Mais Lagardère est chouchouté : c'e




