Non-membre de l’Union européenne, volontiers isolationniste, accusée par ses voisins de servir de planque à exilés fiscaux, la Suisse libérale et bancaire a surpris tout le monde dimanche en devenant le premier Etat européen à interdire les parachutes dorés.
Contrôle coercitif. Acceptée à 68% des votants (avec un taux de participation de 46%) et, cas rarissime, par tous les cantons de la Confédération, l'initiative populaire contre les rémunérations abusives va maintenant obliger le conseil fédéral (le gouvernement) à édicter, dans un délai maximum d'un an, des dispositions d'exécution de ce nouvel article constitutionnel. Restera ensuite à obtenir la ratification du Parlement.
Concrètement, l'initiative validée dimanche ne limite pas formellement les hauts salaires et les différents types de bonus. Elle va, par contre, doter les actionnaires des sociétés cotées en Bourse (elles sont 260) d'un vrai pouvoir de contrôle coercitif sur les rémunérations des dirigeants. Fini, les arrangements entre happy few sur le dos d'actionnaires qui n'avaient plus qu'à valider, une fois par an, l'arrangement lors d'assemblées générales à la liturgie très soviétique. Autre nouveauté, les membres des conseils d'administration ne seront plus élus que pour une année, contre trois auparavant. Les parachutes dorés et primes de bienvenue seront proscrits. La durée des contrats de travail de la direction, le nombre de mandats externes, de même que les pla




