Tandis qu’à Washington on massacre le budget, Wall Street exulte : le Dow Jones a dépassé mardi son précédent record de 14 164 points d’octobre 2007 (hier, l’indice a encore grimpé en séance), rattrapant en cinq ans le chemin perdu depuis la crise financière. Mieux : Wall Street triomphe au moment où les Etats-Unis viennent de s’engager dans le «séquestre», une cure d’économies de 85 milliards de dollars (65 milliards d’euros) qui va peser sur la reprise. Jeff Madrick, analyste au Roosevelt Institute et auteur d’un livre retentissant consacré au triomphe de la finance (1), décrypte ce paradoxe.
Comment expliquer cette envolée de Wall Street ?
D’abord, le séquestre n’est, heureusement, pas assez énorme pour plonger toute l’économie américaine en récession. Ensuite, les profits des entreprises sont très élevés - même durant cette phase de molle reprise économique - car elles ont réussi à garder les salaires bas. La troisième raison est que les républicains vont peut-être moins se focaliser sur les coupes budgétaires à mesure qu’on avance dans 2013. Ils commencent à voir que les retombées de ces coupes peuvent leur faire plus de mal qu’aux démocrates. Wall Street sent que les républicains ne seront peut-être pas aussi stupides et destructeurs qu’ils l’ont été par le passé. D’ailleurs, le déficit du budget américain ne représente que 5% du produit national brut, contre 10% auparavant. Notre déficit est en baisse et, avec la reprise de la croissance, la dette pourrait aussi se stabiliser.
«Que» 5% de déficit ? En Europe,




