Après l'échec des hauts fourneaux de Florange, Arnaud Montebourg voulait absolument réussir le sauvetage de l'usine d'aluminium de Rio Tinto Alcan (RTA) à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), et ses 500 salariés. Et le ministre du Redressement productif a remporté hier la première manche, en annonçant à l'Assemblée l'ouverture de «négociations exclusives» sur la reprise du site (ainsi que celui de Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, 50 salariés) entre RTA et le fabricant allemand d'aluminium Trimet. Lequel sera soutenu par l'Etat, via la Banque publique d'investissement.
Bras de fer. Cette annonce est l'épilogue d'un bras de fer discret, mais bien réel, entre le groupe anglo-australien RTA et le ministre. De sources concordantes, Montebourg soutenait Trimet. L'offre de ce groupe familial, qui pèse 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires, était jugée à Bercy plus solide que celle portée par Jean-Paul Aussel, un ancien de Pechiney (1) soutenu par le fonds d'investissement Equistone. Trimet s'est en effet engagé à reprendre tous les salariés. Mais aussi à diversifier l'activité du site en y implantant une unité de recyclage de l'aluminium, une activité dont le groupe allemand est un spécialiste.
Sauf que Rio Tinto, qui devait départager les deux candidats fin février, a fait traîner les choses. Ce qui a réveillé les craintes de Bercy, des syndicats et des élus locaux, qui soupçonnent depuis des mois RTA de vouloir liquider l'usi




