La colère et la peur. «Tout le monde sera touché, épargnants ou non, parce que peu importe comment les responsables politiques le présentent, le mal est fait, dit Andreas Constantinou, 29 ans. La confiance en nos banques s'est évaporée, les gens vont retirer leur argent, les investisseurs vont fuir, l'économie sera terriblement éprouvée et les choses ne peuvent qu'aller de mal en pis.» Fonctionnaire du bureau du tourisme chypriote, Andreas a déjà subi deux baisses de salaire au cours des dernières années, de plus de 200 euros. Il gagne 1 700 euros par mois, qui servent aussi aux besoins de ses parents et de sa sœur, étudiante en Angleterre. Il l'assure : «Je vais perdre d'emblée un mois de salaire sur mon compte en banque avec cette taxe. Le tourisme et les affaires vont être touchés de plein fouet. Le nombre des touristes allemands et anglais avait diminué. Et, avec cette taxe bancaire qui viserait les investisseurs russes, cela ne peut manquer de décourager les voyageurs russes.»
Le pays est comme suspendu. Les banques vont sans doute rester fermées, au moins jusqu'à jeudi. «Ce que nous vivons est surréaliste», dit un employé d'un des grands groupes de vente de détail. Après un moment de panique, samedi, les distributeurs de billets ont été réapprovisionnés. Mais personne ne pouvait retirer plus de 500 euros. Les opérations bancaires sur Internet ont été gelées. Quand les banques rouvriront, un homme d'affaires envisage de prendre autant d'argent




