Dix-sept milliards d’euros, demande le gouvernement chypriote pour restaurer les finances du pays. Dix milliards pour sauver les banques, sept pour faire fonctionner l’Etat et honorer sa dette. L’Union européenne répond : on en met dix sur la table, vous en trouvez sept en taxant tous les dépôts bancaires supérieurs à 100 000 euros.
Proposition symboliquement et politiquement intéressante, puisque l’UE, pour la première fois, s’adressant à un Etat membre, certes tout petit, une moitié d’île, et pour cela peut-être une sorte de labo expérimental, allez savoir, demandait que ce soient les nantis, essentiellement «venus d’ailleurs» qui paient l’ardoise des banques.
Chypre est un paradis fiscal où les placements sont très intéressants depuis fort longtemps et où l’impôt est au plus bas. On imagine aisément que depuis plus de vingt ans, placer son argent dans l’île rapporte gros, très. Il s’agissait, donc, de raboter, une fois pour toutes, d’environ 15% les comptes les mieux remplis.
Remous. Or le gouvernement chypriote a refusé que seuls les riches paient. Classes moyennes et petit peuple aussi doivent payer, démocratie oblige ! Résultat : les Chypriotes sont dans la rue, remous, manifs, panique, révolte… Le Parlement rejette le plan. Les banques restent fermées depuis samedi, et elles le resteront jusqu'à mardi. Plus aucun mouvement n'est possible sur les comptes. Quant aux gros investisseurs, principalement russes, ils sont franchement furieu




