Quarante-huit heures après le rejet, par le Parlement chypriote, d'un premier plan de sauvetage, les autorités de l'île ont adopté hier un «plan B» excluant cette fois toute taxe sur les dépôts bancaires, remplacée par un fonds de solidarité aux contours plus que flous. L'Europe et le FMI donneront-ils leur aval à cette solution alternative ? Rien n'est moins sûr. A l'issue de leur réunion téléphonique d'hier soir, les 17 ministres des Finances de la zone euro (l'Eurogroupe) se sont simplement dits prêts «à discuter avec les autorités chypriotes d'un plan B qu'elles doivent lui soumettre le plus rapidement possible». Un diplomate européen joint dans la soirée par Libération ne cachait pas son inquiétude : «On est au fond du trou. Je ne vois pas comment on va s'en sortir.»
Rivés aux infos, les 840 000 habitants de la petite République de Chypre ont vécu une nouvelle journée de folle tension, privés d’accès aux guichets bancaires depuis six jours. Dès le matin était tombé un brutal ultimatum de la Banque centrale européenne (BCE) : soit vous acceptez un programme UE-FMI, soit nous coupons les liquidités aux deux plus grosses banques du pays. Et ce serait alors, dès mardi prochain, la faillite de la Bank of Cyprus et de la Popular Bank, qui ne tournent plus que grâce au cash fourni par la BCE.
C’est avec ce pistolet sur la tempe que le président conservateur, Nicos Anastasiades, a donc soumis hier un nouveau plan, concocté avec l’ensemble des partis au




