Rachid travaille à l'usine Bosch de Vénissieux (Rhône) depuis 1977. En trente-six ans de carrière chez l'équipementier allemand, cet ouvrier a changé plusieurs fois de métier : «J'ai évolué avec le temps.» Car Vénissieux était un symbole de reconversion industrielle réussie, mais aussi de ce que peut produire, en France, un dialogue social apaisé, à l'allemande. Il y a tout juste un an, pour sauver l'usine, les 200 salariés de Vénissieux ont ainsi cessé la fabrication de porte-injecteurs pour moteurs diesels pour assembler des panneaux solaires.
Mais hier, lors d'un comité d'entreprise, Bosch a annoncé qu'il allait purement et simplement abandonner son activité photovoltaïque, qui emploie 3 000 salariés en Europe. «Toutes les entités concernées pourraient être cédées, y compris les activités d'assemblage du site de Vénissieux», précise la direction. En cause : la crise terrible qui frappe le secteur, et qui a déjà acculé nombre d'industriels à la faillite, y compris le chinois Suntech, leader mondial. Le solaire est plombé par d'«immenses surcapacités de production», et la guerre des prix menée par les Chinois, comme l'a expliqué Volkmar Denner, le PDG de Bosch : «Aujourd'hui, presque tous les grands fabricants enregistrent des pertes, même les Chinois.»
«Intérimaires». Chez Bosch, le photovoltaïque pesait pourtant lourd : 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier (sur 52 milliards d'euros).




