A Nicosie hier, les habitants, certains fébriles, d'autres calmement résignés, guettaient l'issue des négociations menées à Bruxelles. Après une semaine de totale confusion, les Chypriotes voudraient surtout y voir un peu clair. «Arrivera ce qui arrivera ce soir, au moins on devrait être fixés», lance une dame dans la queue devant un distributeur Laiki, où elle a toutes ses économies. Deuxième banque du pays, la Laiki risque d'être la première à faire les frais du plan de restructuration. Arrivée à la machine, la dame s'y casse les dents : impossible de retirer du cash. Mais l'homme qui passe après elle obtient ses billets sans problème. Un troisième croit savoir que le plafond de retrait, fixé jeudi à 260 euros, est tombé à 120 euros. Personne n'y comprend plus rien. Plus tard, la Banque centrale chypriote confirmera que le plafond est dorénavant de 100 euros par jour pour la Laiki.
Moral. La population attend mais n'espère pas de miracle. «Quelle que soit la décision à Bruxelles, la réputation de Chypre auprès des investisseurs est fichue. Les Russes vont partir, et les emplois qui dépendaient de leurs investissements ici vont disparaître», commente Xenia, une jeune Chypriote d'origine ukrainienne. Salariée d'une société britannique de conseil, elle explique que plusieurs de ses amis commencent à envoyer leur CV tous azimuts. «Ils travaillent dans des sociétés qui ont des clients russes. Ils savent qu'ils vont être




