Fini, l'époque où il fallait «tout faire en cachette» et «travailler dans les maisons», comme le raconte le syndicaliste Fathi Dbek, l'un des rares briscards de l'altermondialisme en Tunisie. L'embryon de mouvement était réprimé sous Ben Ali, comme toute initiative indépendante.
Les temps ont changé : aux côtés des quelques «alters» chevronnés, qui pour beaucoup ont intégré le comité d'organisation du Forum social mondial (FSM), à l'image de Fathi Dbek, plus de mille organisations tunisiennes prendront part au FSM. C'est le reflet du bouillonnement de la société civile après la révolution : en deux ans, 5 000 associations ont vu le jour, s'ajoutant aux 10 000 existantes, coquilles vides ou satellites du parti de Ben Ali pour la plupart. «Il y avait une envie de s'engager, l'idée qu'on s'est tus pendant des années et qu'il faut maintenant faire quelque chose», observe Khansa ben Tarjem, jeune journaliste inscrite dans le réseau Doustourna, l'un des nouveau-nés très actifs, avec 35 sections dans tout le pays et une proposition de Constitution qui figure parmi les livres de chevet des députés.
Citoyenneté. Observation des élections et du travail des députés, promotion de la citoyenneté, prédication religieuse, démocratisation de l'art, associations de victimes de la dictature, lutte contre la corruption, défense de l'environnement ou des libertés, humanitaire, emploi, promotion des maisons d'hôte… Les citoyens, parm




