Forum Eco : après la crise, le bonheur ?
Sciences-Po et Libération organisent jusqu'à jeudi, rue Saint-Guillaume à Paris, un forum éco consacré au bonheur. Cinq débats avec notamment Yann Algan (interview ci-contre), Ruwen Ogien (tribune), Anne Lauvergeon, Pierre Moscovici ...
Professeur à Sciences-Po, Yann Algan montre que les économistes ont besoin des autres sciences pour comprendre le lien entre argent et bonheur. La confiance dans les autres et dans les institutions est tout aussi déterminante pour construire une société heureuse.
Pourquoi les économistes s’intéressent-ils au bonheur, quand l’économie n’est aujourd’hui qu’un champ de malheur ?
La question du bonheur est un fondement de l'économie. Depuis le XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, avec Adam Smith, Jeremy Bentham ou John Stuart Mill, les économistes s'intéressent aux choix des individus qui cherchent à maximiser leur utilité, c'est-à-dire la satisfaction qu'ils retirent de l'usage de biens matériels ou immatériels. Cependant, longtemps les économistes n'avaient pas d'instrument de mesure de l'utilité, du bien-être. L'apparition ces dernières décennies de grandes enquêtes sur la satisfaction et le bien-être des individus a permis de pallier cette lacune et de développer l'économie du bonheur. Et, surtout, les économistes se sont aperçus qu'ils avaient une approche frustre et parcellaire des déterminants du bonheur avec un homo economicus qui chercherait uniquement à maxim




