Explosion du chômage, creusement des inégalités, déclin des classes moyennes, paupérisation des catégories les plus fragiles, croissance en berne… L’Europe n’en finit pas de s’engluer dans la crise. Sans doute la violence de celle-ci explique-t-elle le recul de la croissance et la montée en puissance des fragilités sociales. Mais elle ne peut à elle seule tout justifier. Par ses choix de politiques économiques, l’Europe ne s’est-elle pas infligé un arrêt de l’activité économique, et, par voie de conséquence, une dégradation sociale ? N’a-t-elle pas agi, à quelques exceptions près, comme si elle se trouvait dans le monde d’avant, comme si les crises successives qu’elle traverse depuis 2008 n’étaient que de simples parenthèses appelées à se refermer au plus vite ?
«Prétexte». Grèce, Espagne, Portugal… Plus récemment Chypre. A chaque crise, l'Europe aura attendu d'être au bord du précipice avant de passer à l'action. Mais la pire des erreurs est sans doute la thérapie de choc de la rigueur décidée dès 2010. Pourtant, un an avant, en 2009, au G20 de Londres, les plus grands argentiers de la planète veulent éviter le pire : une crise comme celle des années 30. Le mot d'ordre est donc simple : «Tout faire pour relancer l'activité.» Japon, Etats-Unis, Europe, Chine et pays émergents parleront alors d'une seule voix. Une première mondiale. Orthodoxes, hétérodoxes : rares sont les économistes qui trouvent à y redire.
Un an plus tard, chang




