C’était un point-clé du programme économique du candidat Hollande. Aujourd’hui, c’est surtout un grand cafouillage. Le lancement de la Banque publique d’investissement (BPI France) censée réindustrialiser la France en finançant les entreprises a été gâché par la bataille rangée entre son directeur général, Nicolas Durfourcq (un énarque au style «techno» passé par le privé, accusé d’être trop libéral), et sa vice-présidente, la bouillante Ségolène Royal (accusée de vouloir aider tous les «canards boiteux»). Une querelle d’egos qui a jeté le trouble sur les objectifs de la BPI.
L'audition de Dufourcq, hier, à l'Assemblée puis au Sénat, était donc très attendue. Il a présenté ses «excuses» pour sa récente gaffe (il avait dit qu'investir dans Petroplus ne serait pas un «bon business») qui a ulcéré Royal mais a réfuté, en détail et «une bonne fois pour toutes», les autres accusations de la présidente de Poitou-Charentes (sur sa rémunération, les frais immobiliers et de logo de la BPI). A en croire son entourage, le conflit avec Royal est réglé : «Leur but partagé est d'arrêter d'abîmer l'image de la BPI et d'être dans la construction.»
Dufourcq a surtout présenté aux parlementaires la doctrine de la BPI, précisant qu'elle a été validée par l'Etat et les régions. Avec un objectif ambitieux : investir 12 milliards d'euros d'ici 2017 dans les PME innovantes, stratégiques, ou en développement. En réponse aux craintes de certains parlementaires, il a




