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Monnaies éthiques: les billets doux

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Sol-Violette, Abeille, Heol… Ces alternatives locales à l’euro, à vocation solidaire, rencontrent un certain succès, crise et lassitude du système aidant.

(Jochen Gerner)
Publié le 26/05/2013 à 19h06

Dans son panier de courses, Sarah Barrière, une étudiante toulousaine de 26 ans, a mis des légumes, du lait de soja et des œufs. Quand elle passe en caisse, elle sort une poignée de coupons-billets colorés. Pas un seul euro. Le commerçant ne cille pas et lui rend quelques centimes. Sarah est l'une des utilisatrices du sol-violette - sol pour «solidaire» -, cette monnaie complémentaire qui monte dans la Ville rose et participe à un réseau avec d'autres monnaies locales en France. «Je les dépense dans les commerces de proximité pour aider l'économie locale et surtout dans l'alimentaire afin de favoriser les circuits courts», explique-t-elle. En France, il y a déjà l'abeille à Villeneuve-sur-Lot, l'heol à Brest, l'eusko dans le Pays basque, etc., soit 60 projets de monnaies solidaires concrétisés ou en préparation. La région Ile-de-France a d'ailleurs lancé un appel à projets, offrant jusqu'à 50 000 euros aux associations participant à la mise en place de ces systèmes qui ont tout d'une économie parallèle sans le versant souterrain. Au niveau mondial, 4 000 monnaies «complémentaires», pour ne pas dire alternatives, auraient cours à ce jour. Elles ont même leur conférence internationale, la deuxième du genre, qui se tiendra à La Haye du 19 au 23 juin. Dans un contexte de crise, de spéculation boursière et d'enrichissement des banques, les projets de monnaies sociales et solidaires fleurissent comme autant d'alternatives au système, portées par des groupes militants et d

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