Al'ouverture du procès Ryanair, la présidente soupire : «C'est quand même dommage qu'il n'y ait aucun prévenu. Ryanair s'était engagée à ce qu'il y ait au moins un présent !» La compagnie à bas coûts irlandaise aura méprisé jusqu'au bout la justice française. Elle avait ouvert une base à Marignane (Bouches-du-Rhône), en janvier 2007, sans déclarer cet établissement au registre du commerce et des sociétés, ni les salariés à l'Urssaf. Cela lui permettait de payer 10% de charges sociales au lieu d'environ 40% et de s'exonérer des contraintes du droit français.
Mardi, devant l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a dénoncé les «ravages sociaux et économiques» provoqués par les compagnies low-cost : «Il y a des règles qui doivent être appliquées.»
Escale. C'est ce dont s'occupe depuis hier le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence : il juge Ryanair pour «travail dissimulé», «emploi illicite de personnels navigants», «entraves» au droit syndical, etc. L'enjeu est de comprendre si la compagnie était soumise à Marignane au droit irlandais ou français. Elle plaide qu'il ne s'agissait pas d'une «base d'exploitation», qu'il aurait fallu déclarer, mais d'une simple escale. Ryanair s'abrite derrière la «libre prestation de service» qu'offre le traité de Rome. Estimant que ses salariés passant «le plus clair de leur temps» dans des avions imma




