«Le chômage des jeunes représente un risque systémique»,a assuré la chancelière allemande Angela Merkel. Après l’annonce, fin mai,
[ d’un «new deal» face à cette urgence ]
, les ministres du travail allemand, français, italien et espagnol se retrouvent vendredi à Rome. Objectif:
«Echanger des opinions et créer une coordination»
entre les quatre premières économies de la zone euro sur l’emploi des jeunes actifs, avant le conseil européen des 27 et 28 juin à Bruxelles. Et le déblocage -timide- de 6 milliards d’euros pour lutter contre un mal qui touche 23,5% des jeunes sur le continent. Entretien avec Bernardette Ségol, secrétaire général de La confédération européenne des syndicats.
Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans n’a jamais été aussi élevé en Europe. Il culmine, selon les derniers chiffres d’avril 2013, à 23,5% dans l’Union européenne et atteint des taux record en Grèce (62,5% en février 2013), en Espagne (56,4%), au Portugal (42,5%) et en Italie (40,5%)...
C’est un drame. Quand on voit le manque de perspective des jeunes, dépendant de leur parents ou grand parents, ils n’ont qu’une perspective: la révolte. Cet état de desespoir viscéral est très visible en Espagne ou en Grèce, où le chômage atteint les 60%. Le danger, c’est la montée du populisme, du nationalisme, le rejet de l’idée européenne qui va se concrétiser lors des prochaines élections continentales. Bien sûr, les plus de 55 ans sont aussi affectées, mais l’urgence, pour nous, c’est avant tout notre avenir, donc les jeunes laissés sur le côté.
Comment une telle situation peut-elle durer sans conduire à l'explosion?
Pour pouvoir survivre, une économie grise, parallèle, se développe. Mais elle est mauvaise pour l’Etat et ses finances publiques. Mauvaise pour l'avenir de l'Europe. Le rêve d’indépendance financière, de logement, de la jeunesse européenne ne peut passer que par des revenus stables, donc des emplois.
La perte économique liés aux jeunes ne suivant pas d’études ou de formation s’élève à 153 milliards d’euros... En réponse, l'Europe s'apprête à mettre au maximum 6 milliards pour sortir de l'impasse.
C’est ce que nous essayons de dire: qu'il




