Sauf s’il choisit de mettre les voiles, le marin d’aujourd’hui est entièrement dépendant de la terre ferme pour faire fonctionner son bateau. Sitôt au port, il refait le plein de mazout. Ce carburant sert à propulser le navire et à fabriquer l’électricité et la chaleur nécessaires à bord. Avec l’augmentation du prix du pétrole et le plafonnement de la teneur en soufre dans le fioul, qui oblige à régler les moteurs, cette dépendance coûte de plus en plus cher. Or il existe, à bord même des bateaux, un combustible gratuit : les ordures.
Plusieurs projets envisagent d’utiliser le contenu des poubelles embarquées comme source d’énergie. Sur les bateaux de pêche, les poissons impropres à la vente pourraient fournir une huile apte à faire tourner le moteur. Après les biocarburants, les ichtyocarburants ? Sur les paquebots, les déchets des cuisines pourraient être méthanisés pour donner du biogaz. Et sur les ferries ou les cargos, pourquoi ne pas incinérer le contenu des poubelles afin d’en récupérer chaleur et électricité ?
Mouettes. Les gros bateaux - a fortiori les sous-marins nucléaires - se comportent déjà comme des centrales électriques. Leurs groupes électrogènes développent des dizaines de mégawatts. Mais ils produisent leur énergie de bord à partir du fioul des soutes. La vapeur de la buanderie est tirée de la chaleur de l'échappement des moteurs. Comme ces bateaux ne rentrent pas tous les jours au port et embarquent beaucoup de personne




