«Un journaliste doit avoir sa liberté. Un ministre, sa responsabilité», a répondu Vincent Peillon à quelques voix qui se demandaient si le ministre de l'Education n'était pas informé des turpitudes fiscales de certaines personnalités de gauche et de droite dont aurait connaissance son frère Antoine. «Nous veillons chacun, dans notre travail, à ne pas avoir évidemment de liens sur toutes ces affaires», a ajouté le ministre. On peut malgré tout imaginer que la curiosité le titille. Car si Vincent n'en sait rien, Antoine en sait long sur les mécanismes de la fraude et de l'évasion fiscale qui ruinent l'Etat et font vaciller la morale publique.
Journaliste de talent, adepte de l'enquête d'initiative plutôt que de la chronique des dossiers d'instruction, Antoine Peillon, grand reporter à la Croix, a accompli avec son livre Ces 600 milliards qui manquent à la France, une mission de service public, confirmée par la récente sortie en édition de poche de l'ouvrage - publié il y a un an et demi au Seuil. D'autant qu'il se lit (ou se relit) désormais, avec en toile de fond les récentes révélations de l'ONG Offshore Leaks et évidemment l'affaire Cahuzac, illustrations presque caricaturales de la démonstration du journaliste.
Que dit Peillon ? A partir de très nombreux témoignages mais aussi de documents, il propose une plongée vertigineuse au sein de la banque UBS, établie dans plus de cinquante pays et dont les procédés douteux font aujourd'hui l'objet




