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A la barre

Les pratiques des syndicats lyonnais de la SNCF exposées au tribunal

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Les organisations sont accusées d'avoir utilisé de l'argent du comité d'entreprise pour financer des activités syndicales. Le jugement sera rendu en septembre.

Publié le 28/06/2013 à 16h29

«Ça fait pacte, observe Jean-Louis Cor, le président du tribunal correctionnel de Lyon. On a de l'argent, et on se met d'accord pour le consommer afin de faire des organisations syndicales quelque chose de fort, de puissant.» Face à lui, des représentants de la CGT, de Sud-Rail, de l'Unsa, de la CFTC, de la CFDT, de FO, bref, de tous les syndicats de cheminots. Ces organisations ont dû répondre, les 26 et 27 mai, de recel d'abus de confiance, faux et usage de faux.

Pendant plusieurs années, elles se seraient partagé une partie du budget de fonctionnement du comité d'établissement (le comité d'entreprise) de la SNCF de la région de Lyon (CER). Chaque syndicat se voyait «allouer un montant calculé sur la base de la représentativité aux dernières élections et du nombre d'élus au CER de Lyon», notait le magistrat instructeur dans l'ordonnance de renvoi.

En 2004, par exemple, ces organisations se sont réparties 339 500 euros des 504 742 euros du budget de fonctionnement. Soit 140 349 pour la CGT, 51 427 pour l'Unsa, 46 323 pour Sud-Rail, 42 465 pour la CFTC, 30 078 pour la CFDT, 24 909 pour FO, la FGAAC (Fédération générale autonome des agents de conduite) et la CFE/CGC se contentant des miettes restantes.

La direction absente

L'affaire a été dévoilée par deux salariés du CER qui ont déposé plainte, en septembre 2004 pour abus de confiance. Parmi les faits qu'ils entendaient dénoncer : «l'utilisation des moyens du CER de Lyon à des fins ne correspondant pas à sa mission»

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