Guillaume Pepy, président de la SNCF, ferait-il la pluie et le beau temps au point d’obtenir ce qu’il veut de son actionnaire, l’Etat ? C’est la crainte de nombreux acteurs du ferroviaire, alors que s’élabore une grande réforme du rail. Le projet de loi - qui sera déposé à la rentrée - prévoit de réunir la SNCF et RFF, propriétaire du réseau. Soit ce que Pepy réclame depuis trois ans. Certes, celui-ci devra partager le pouvoir avec le patron de RFF, Jacques Rapoport. Mais certains redoutent qu’il n’en fasse qu’une bouchée.
Résultat : la réforme a déclenché une fronde anti-Pepy inédite. Un aréopage d'associations, allant des usagers (Fnaut) aux industriels ferroviaires (Fnif), a écrit le mois dernier à l'Elysée pour réclamer que la SNCF ne contrôle pas la holding qui coiffera le futur ensemble. Sinon, «on va se retrouver avec une seule expertise ferroviaire et une pensée unique, celles de la SNCF», accuse Jean Sivardière, président de la Fnaut. Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, s'est vivement défendu, le 2 juillet, d'être sous la coupe de Guillaume Pepy : «Je ne suis pas celui qui va construire une politique à partir de […] cette guérilla entre pro et anti-SNCF. Il faut regarder si la SNCF n'est pas trop puissante ici et là. Mais il faut dépasser un certain nombre de clichés.»
Sauf que l'influence de Pepy, qui se joue de la couleur politique de l'exécutif, est tout sauf un cliché. Longtemps numéro 2 de la SNCF, cet énarque de gauche de 5




