La réforme ferroviaire censée remettre d’aplomb un rail peu compétitif et très endetté entre dans une phase critique, alors que l’emprise de la SNCF et de son patron Guillaume Pepy sur le projet de loi grandit. Inventaire d’une réforme à risque.
Une réforme sous influence Pepy ?
Transmis à l'Autorité de la concurrence, le projet de loi sur la réforme ferroviaire, que Libération s'est procuré, doit faire la preuve de son euro-compatibilité. Et ce n'est pas gagné. Le schéma envisagé de gouvernance partagée entre le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, et celui de Réseau ferré de France, Jacques Rapoport, avec l'Etat comme pilote coiffant les deux maisons, est-il conforme à l'ouverture à la concurrence telle que la conçoit Bruxelles ?
Seule certitude, le président de la SNCF tient toujours les rênes de la réforme. Et tout se déroule selon le plan qu’il avait suggéré à François Hollande et détaillé dans un courrier cosigné avec Jacques Rapoport le 26 avril. Dans cette missive, les deux patrons insistaient sur le fait qu’ils se voyaient gouverner de concert la structure de tête qui coiffera leurs deux maisons. De fait, l’article L2102-6 du projet de loi stipule que le directoire de cette superstructure - un Etablissement public à caractère industriel et commercial (Epic) - comprendra bien un président qui sera, de facto, le dirigeant de la SNCF pour l’exploitation des trains, flanqué d’un vice-président qui prendra, lui, la tête du réseau




