Invité par un copain au Café monde et médias, à Paris, il s'essaie à l'exercice du café-débat. Sans une respiration, il déballe toute l'histoire d'Ethiquable, sa Scop qui commercialise des produits commerce équitable dans la grande distribution, et enchaîne blague sur blague. «Rémi Roux, c'est un peu le trublion de l'entrepreneuriat social, le drôle de la bande», sourit une collègue de travail. Dans sa chemise en lin aux manches retroussées, ce bonhomme ne ressemble en rien aux traditionnels patrons de PME. Abordable, il raconte sa vie sans retenue, même la première cuite de sa fille et son récent divorce.
En 2003, Rémi Roux monte une entreprise de commerce équitable. Alors âgé de 38 ans, il a déjà bien bourlingué et fait appel à deux copains pour l'épauler. Stéphane Comar, économiste du développement, rencontré à l'Ecole supérieure de gestion au sein de la Fédération des étudiants sans scrupules, «la FESS», précise-t-il en riant. S'ajoute à la bande Christophe Eberhart, ingénieur agronome spécialiste du café équitable, rencontré lors d'un voyage au Mali en 1989. «J'ai découvert le statut de Scop qui s'est rapidement imposé. D'abord, je ne voulais pas qu'on soit tenté de s'engueuler pour des histoires de pognon si la boîte marchait. Ensuite, après des années passées dans la grande distribution à parler de marge arrière et d'arguments foireux, je voulais une activité qui ait du sens où on remettrait le produit au centre.»




