Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, s'exprime pour la première fois sur la réforme ferroviaire (Libération du 3 septembre), alors que le projet de loi est devant le Conseil d'Etat, avant son examen par le Conseil des ministres à la mi-octobre.
Que répondez-vous à ceux qui voient derrière cette réforme la main du patron de la SNCF, Guillaume Pepy ?
Qu'il y ait des fantasmes autour du ferroviaire, ce n'est pas nouveau ! Mais ce débat des influences n'est pas à la hauteur des enjeux : je vous rappelle que le système ferroviaire est lesté de 32 milliards d'euros de dettes liées à l'infrastructure. Dans cette réforme, l'Etat va retrouver un rôle de stratège. Il aura la majorité dans le conseil de surveillance de l'établissement public SNCF (Epic de tête), qui surplombera le nouvel ensemble, et il en nommera le président. Et je peux vous assurer que ce ne sera pas le patron de l'opérateur ferroviaire [Guillaume Pepy, ndlr]. En dessous de l'Epic de tête, on trouvera deux entreprises. L'une fait rouler les trains (SNCF Mobilités), l'autre gère l'infrastructure (SNCF Réseau, ex-RFF). Leurs patrons respectifs seront la courroie exécutive du conseil de surveillance de l'Epic. Cette réforme répond à des enjeux d'affirmation de la puissance publique, d'aménagement du territoire et d'efficacité économique.
Les régions, qui font rouler neuf trains sur dix, se plaignent de n’avoir pas leur place…
Les régions désigneront elles-mêmes leurs représentants au conseil de surveillance. Ce sera précisé par décret. J’ai déjà amélioré la transparence : la SNCF va devoir présenter aux régions des comptes ligne par ligne.
Le régulateur du rail (Araf) dit avoir perdu sa capacité à rendre des avis contraignants sur les péages…
Je ne veux pas qu’il y ait de faux-semblant, alor




