Il a suffi, à la fin de l'été, que Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, ressente un «ras-le-bol fiscal» chez les Français pour que l'expression devienne un leitmotiv politique de la rentrée, un sujet de discorde gouvernementale et une raison de l'impopularité croissante du chef de l'Etat. Cette réalité est la conséquence de deux occasions ratées par le pouvoir socialiste. En oubliant sa quatorzième promesse de campagne («une grande réforme fiscale»), François Hollande a tout d'abord enterré une ambition qui aurait permis de clarifier un système de prélèvement illisible et souvent injuste. Puis, en décrétant il y a quelques semaines une «pause» susceptible de calmer l'opinion en colère, le Président et son Premier ministre ont oublié d'accompagner leur politique fiscale d'une indispensable pédagogie de l'impôt. Car au-delà des pourcentages et des études comparées entre les pays occidentaux sur le montant des prélèvements obligatoires, une question domine toutes les autres : à quoi sert l'argent collecté par l'Etat ? Plus qu'une logique comptable face à une situation financière désastreuse, François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici avaient la responsabilité politique d'expliquer la nécessité de financer notre système de santé, l'éducation nationale, la sécurité. De détailler les besoins urgents de soutien aux quartiers défavorisés, aux transports publics ou aux personnes âgées. L'impôt n'est pas une punition mais le premier out
EDITORIAL
Pédagogie
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ParEric Decouty
Publié le 23/09/2013 à 21h36
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