Il est 11 heures du matin, hier, au siège d’ArcelorMittal, à Florange, en Lorraine. Dans une salle de réunion, François Hollande se retrouve face à la plupart des organisations syndicales du site. Il les connaît bien. Il les a rencontrées plusieurs fois pendant la campagne présidentielle, en a reçu certaines à l’Elysée. Mais ce matin il faut purger le passé. Mettre des mots sur la rancœur et l’amertume.
Les premiers échanges sont durs. «Les syndicats voulaient parler d'homme à homme», raconte un conseiller du chef de l'Etat. Puis la discussion s'est détendue. Et assez vite, elle s'est politisée. Les syndicats mettent sur la table la montée du Front national dans la classe ouvrière, la responsabilité des politiques. Hollande écoute. Répond que c'est une mobilisation qui concerne tout le monde. Que son rôle à lui «est de donner de l'espoir». Il leur assure que même s'ils n'ont pas obtenu tout ce qu'ils voulaient, ils ont gagné leur combat. Ils ont évité des licenciements, obtenu des investissements et gagné une loi qui porte leur nom.
Coming out. Au même moment, dans le hall d'entrée du grand immeuble, un ouvrier d'ArcelorMittal, qui se présente comme syndiqué CFDT, tient une conférence de presse improvisée. Du pain bénit pour les journalistes qui patientent depuis une heure. Il s'appelle Pascal Olivarez. Il a 43 ans. Aujourd'hui, son travail consiste à surveiller les hauts fourneaux à l'arrêt. Il n'est toujours pas reclass




