Menu
Libération
Interview

«Le recours aux emplois aidés est trop timide»

Réservé aux abonnés

Publié le 26/09/2013 à 21h16

Eric Heyer est directeur adjoint au département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Les emplois aidés sont-ils utiles ?

L’essentiel des emplois aidés se fait dans le secteur non marchand. En ciblant telle ou telle catégorie de population, l’Etat maîtrise sa politique d’aide à l’emploi. Orienter les emplois aidés vers le secteur privé, ce serait prendre le risque que les entreprises profitent d’un effet d’aubaine. Autrement dit, qu’elles privilégient un emploi subventionné alors qu’elles auraient sans doute recruté un emploi non aidé.

Ces emplois permettent-ils de stabiliser le chômage ?

Sans croissance, ce qui est le cas de la France aujourd’hui, l’économie détruirait environ 120 000 emplois sur l’année. Chiffre auquel il faut ajouter les 800 000 personnes qui arrivent sur le marché du travail chaque année et retrancher les 650 000 qui en sortent. On voit bien que sans traitement social du chômage, le nombre des chômeurs augmenterait alors de 270 000 personnes sur l’année. Les emplois aidés permettent de diminuer ce chiffre.

En la matière, la politique du gouvernement vous semble-t-elle la bonne ?

En fait, sa politique d’aide à l’emploi est trop timide. En clair, il en fait moins que les gouvernements précédents. En 2007, sous Villepin, le stock des emplois aidés était de 310 000 personnes alors que le taux de chômage était d’environ 7%. Aujourd’hui, nous avons 240 000 emplois aidés alors que le chômage dépasse les 10%. Certes, le gouvernement prévoit de porter ce chiffre à 320 000 d’ici la fin de l’année. Mais il en faudrait plus.

Certains affirment qu’un emploi aidé à la fin de son contrat ou un chômeur ont la même probabilité de trouver un emploi…

C’est ce que disent certaines études. Elles oublient de dire

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique