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Interview

«Shutdown» aux Etats-Unis : «Une bataille contre la réforme du système de santé»

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Christophe Destais est directeur adjoint au Cepii, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales. Il relativise la mise au chômage technique de l’Etat fédéral américain ce matin.

Publié le 01/10/2013 à 14h19
Le Congrès américain ayant échoué à voter un budget avant l’heure limite hier, la Maison Blanche a ordonné aux agences fédérales de cesser leurs activités. Comment en est-on arrivé là ?

Aux Etats-Unis, l'échéance annuelle du budget est fixée au 30 septembre. Mais à cette date, il est rare que démocrates et républicains se soient mis d'accord pour un budget concernant l'année suivante. Dans ce cas, ils adoptent une disposition provisoire, ou plutôt un budget provisoire, qui évite la paralysie et qui permet donc au gouvernement de continuer à fonctionner. Pendant ce temps, le gouvernement ne ferme pas, il peut continuer à discuter sur le fond du budget.

Mais cette fois la Chambre des représentants et le Sénat, qui forment le Congrès, ont littéralement rejeté le budget. Pourquoi un tel blocage ?

La Chambre des représentants, à majorité républicaine, a souhaité introduire lors de la discussion concernant justement ce budget provisoire une disposition qui, de fait, se traduirait à terme par la mort de la réforme du système de santé, surnommée «Obamacare». Les républicains ont donc pris en otage le budget provisoire pour faire ce qu'il souhaite depuis le début : tuer «Obamacare», qui constitue le principal volet de la réforme du système de santé permettant la création, dans chaque Etat, d'une assurance santé universelle abordable. Bien que votée en 2010, l'une des principales dispositions de cette réforme du système de santé devait entrer en vigueur en 2014. Coté républicains, les termes de la négociation peuvent se résumer de la sorte : «Si vous démocrates acceptez d'abandonner votre réforme de santé, alors nous vous donnerons les moyens de faire fonctionner le gouvernement fédéral.»

Quelles sont aujourd’hui les conséquences pour les fonctionnaires ?

On dit que près de 800 000 fonctionnaires fédéraux ont reçu un mail de leur administration dans la nuit. Ils sont mis en co

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