La 4G est partout : dans les journaux, nos boîtes aux lettres, sur les murs du métro. C'est le nouvel eldorado des opérateurs de télécommunications. Chacun y va de sa formule : «63% de la population couverte, c'est-à-dire 40 millions de personnes, peuvent bénéficier de la 4G», annonce Bouygues Telecom, «55 agglomérations seront couvertes à la fin 2013. […] La 4G est déjà disponible à Paris [et La Défense], Marseille, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Montpellier et Lille» (SFR), «40% de la population couverte fin 2013 et l'ensemble des arrondissements de Paris couverts dès aujourd'hui» (Orange). Tous y vont de leurs cartes. Le territoire métropolitain semble couvert, à l'exception de quelques îlots offerts à la relégation, loin des villes. Le désert.
Des mots de géographes
Qui dit vrai ? Entre les pourcentages de population couverte, les nombres de villes desservies, les opérateurs nous abreuvent de chiffres. Ceux-ci montrent d'abord une première évidence spatiale : l'inégale répartition de la population française sur le territoire. Avec la concentration de la population urbaine, on touche près de 50% des gens en desservant à peine 10% du territoire. Le publicitaire évoque des lieux, des aires, des réseaux. Des mots de géographe. Mais parler de «population couverte» à l'heure de la surmobilité ne veut plus dire grand-chose. Les géographes utilisent de plus en plus souvent la notion de population présente (et p




