«Je crois, Monsieur, que c'est vous que l'on vient voir maintenant pour la chose ?» C'est ainsi que se serait adressé, en 1994, un dirigeant syndical, habitué des enveloppes de liquide, au tout nouveau délégué général de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac. La scène, rapportée par Michel Offerlé dans son livre les Patrons des patrons (1), est racontée par Gautier-Sauvagnac lui-même. Le syndicaliste en question ? André Bergeron, ancien secrétaire général de Force ouvrière, croit savoir Challenges en 2007. Depuis, le patron a «avoué», lors du procès qui s'achève cette semaine, avoir fait bénéficier les cinq organisations syndicales représentatives de la prodigalité de l'UIMM (lire ci-contre).
Des déclarations qui ont bien sûr provoqué une levée de boucliers du côté des confédérations. «La CFDT n'a pas touché d'argent de cette fameuse caisse», a juré son responsable, Laurent Berger, sur France Culture, exigeant «des noms, des sommes, des faits». «Cette accusation est un écran de fumée destiné à cacher les véritables destinataires de l'argent, qui pourraient être des politiques, mais aussi les responsables eux-mêmes de l'UIMM» , glisse pour sa part un cadre de FO qui note que les sommes en jeu - 16 millions sur la période 2002-2007 - ne peuvent pas toutes avoir été allouées aux syndicats. Réalisés en liquide, ces versements ne pourront, par définition, jamai




