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Libération
Reportage

«Certains jours, on ne sait pas quoi dire aux gens qu’on a convoqués»

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Surmenage, stress, absentéisme… A Laon, Quimper ou Rennes, des agents de Pôle Emploi racontent la dégradation de leurs conditions de travail.

Une agence Pôle emploi à Marseille, le 26 mars 2013. (Photo Jean-Paul Pelissier. Reuters)
Publié le 23/10/2013 à 21h36

«En ce moment, ce sont les demandeurs d'emploi qui nous souhaitent bon courage.» Sabrina, conseillère au Pôle Emploi à Laon (Aisne), aime son métier, mais déteste la façon dont elle est obligée de l'exercer aujourd'hui : elle fait de «l'abattage». Et voit dans l'adresse des chômeurs une «inversion symptomatique» des rôles : «On fait ce qu'on peut pour eux. Mais on n'y arrive pas, on n'y arrive plus.» Même sentiment à Quimper (Finistère), où Myriam, qui elle aussi «adore» son boulot, avoue son impuissance : «Il y a des jours, on ne sait pas quoi dire aux personnes que l'on a convoquées. Alors on les encourage, les regonfle, les valorise», faute de leur trouver du travail.

«Anxiolytiques». Epuisement, stress, pleurs, absentéisme, burn-out, les agents de Pôle Emploi s'inquiètent de la détérioration de leurs conditions de travail. Cette année, six salariés se sont suicidés, et les absences pour maladie ont augmenté de 22% entre 2010 et 2012, selon le bilan social 2012. «Je ne connais pas un collègue qui ne va pas chez l'ostéopathe, qui ne fait pas du yoga, du taï chi, de la relaxation ou qui ne prend pas des anxiolytiques pour tenir», dit Myriam. A Rennes, Anne-Claire Patte, déléguée CFDT, a remarqué une autre stratégie pour desserrer l'étau du stress : se faire dispenser, médicalement, du poste d'accueil. C'est là, derrière le guichet qui voit arriver le flux ininterrompu des dem

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