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Fabienne et Frédéric Vourc’h. Abattus

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Licencié, ce couple d’ouvriers des abattoirs Gad en Bretagne livre un dernier combat désespéré et pense voter FN.

Frédéric et Fabienne Vourc'h à Lampaul le 18 octobre 2013. . (Photo Didier Olivré)
Publié le 28/10/2013 à 18h06

Juché sur un promontoire, le coquet petit bourg de Lampaul-Guimiliau, dans le Finistère, surplombe les vastes bâtiments blancs de l'usine d'abattage et de découpe de porcs Gad SAS. Les constructions descendent en cascade vers le bas de la colline et se perdent dans les bosquets. Le 10 octobre, les grilles de cette entreprise, inscrite dans le paysage depuis six décennies et dont le tribunal de commerce a validé la fermeture, renvoyant 850 personnes à Pôle Emploi, se sont refermées pour longtemps. Ce jour-là, Frédéric et Fabienne Vourc'h, vingt et dix-sept ans d'ancienneté, ont remonté le chemin qui mène à leur domicile en se serrant l'un contre l'autre et en pleurant. «On se sentait bien chez Gad, on se sentait à l'abri de tout», murmure Frédéric, dont le seul souvenir de ce dernier jour ravive l'émotion.

Dans la jolie maison aux lignes modernes qu'ils ont fait construire à la sortie du bourg de Lampaul, Frédéric, 41 ans, et Fabienne, 37 ans, se tiennent bien droit, installés à la table de la pièce à vivre, éclatante de couleurs et de lumière. Coiffée à la garçonne et habillée d'un chemisier de soie étincelant, elle a les yeux rieurs et la parole alerte, toujours prête à éclater d'un rire franc et clair, quand son mari, visage sérieux et courts cheveux en brosse, reste peu disert. «Quand je l'ai rencontré, il ne parlait pas. Il était très timide»,se souvient-elle, qui lui a tourné autour dans l'usine avant de faire sa conquête. Tous deux sans qualification e

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