Il ne savait pas s'il devait rire ou pleurer, Jean-François Copé. La séquence télé devait être assez classique : un jeudi soir sur France 2, Des paroles et des actes, un politique face à un Français, pour faire un peu plus vrai. Pour lui, qui veut réduire les allocations versées aux sans-emploi, ce sera une chômeuse. Et voilà Isabelle Maurer, 50 ans, de Mulhouse, qui se lance. Et qu'on ne peut plus arrêter. Un vrai moulin à dire la pauvreté. «Avec le peu qu'on ose nous donner, bientôt on n'aura même plus de quoi s'acheter un morceau de savon pour se laver, et faudrait encore qu'on dise merci», plaide-t-elle avec une emphase naturelle, et une intonation tout alsacienne. Elle coupe sans cesse un Copé empathique : «M. Copé, je suis vraiment désolée, vous ne pouvez pas comprendre ma situation.» Elle s'excuse, encore, mais continue. Décousue, spontanée, cocasse, téméraire : voilà un moment de télé prêt à buzzer. Grand Journal de Canal + dans la foulée, France 3, radios, journaux.
«On met les gens dans des cases carrées et moi, je rentre dans un rond», s'amuse cette petite bonne femme au regard malicieux, attablée dans la salle à manger de son appartement HLM coquettement décoré, ses cheveux bruns lâchés et l'air plus décontracté qu'à la télé. Sa chienne Vicki aboie et le téléphone n'arrête pas de sonner, «comme avant», précise sa fille de 24 ans, passée lui rendre visite avec la petite Louanne, 6 mois. Car cette demandeuse d'em




