Dans cette zone frontière aussi dégueulasse de ce côté de la Manche que de l'autre, où croupissent des sans-papiers crachés là par la mondialisation, des putes recuites, des toxicos faméliques, une députée facho, un ancien eurocrate véreux menacé de mort, un journaliste de tabloïd cocaïné, des macs ultraviolents qui dealent des filles pour des séances SM ou du crack, un inspecteur anglais qui a du mal à s'asseoir, du fait d'une récente vasectomie, une flic louche à moitié Asperger qui se lave au stick déodorant et se nourrit de sandwichs fourrés aux frites, ne manquait, pour mettre un peu d'ordre là-dedans, qu'un tueur en série. Voilà pour la toile de fond un peu crado de Tunnel, la série franco-britannique fruit d'un échange linguistique entre Canal + et Sky.
Paire. En même temps qu'un sas d'une rive à l'autre sans cesse emprunté par les héros, le tunnel sous la Manche est le démarreur de la série : un corps de femme est découvert astucieusement posé pile sur le point médian qui marque la frontière entre France et Grande-Bretagne. Aussitôt, la flic française Elise Wasserman reconnaît une députée française d'extrême droite qui a disparu. Et l'enquête, elle la veut. Elle aboie au visage de son alter ego britannique, Karl Roebuck : «La tête est en France, elle est française.» Conciliant, Roebuck laisse faire. Les flics soulèvent le corps et couic : le tueur a pris le soin de scier sa victime en deux. Enfin, ses victimes, p




