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Secret bancaire : blues helvète

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La pression internationale pour mettre fin à l’opacité financière de la confédération porte ses fruits.

Publié le 14/11/2013 à 21h06

Encore un mythe helvétique qui s'effondre : le riche évadé fiscal français, venu profiter de la légendaire douceur des rives du lac Léman, se fait de plus en plus rare. Quand il ne déserte pas carrément par peur des conséquences pénales, il se dénonce désormais auprès des autorités pour déclarer ses comptes cachés. «Les clients français annoncent massivement leurs comptes non déclarés, a assuré mercredi à Genève le directeur général de l'Association suisse des banquiers (ASB), Claude-Alain Margelisch. Il y a une prise de conscience [de ces clients]. La presque totalité d'entre eux régularise, car ils y voient une possibilité de retrouver une situation normale.»

Info ou intox pour rassurer Paris, qui fait monter la pression sur ce dossier depuis plusieurs années ? Selon Bercy, le dernier relevé fait état de 4 300 dossiers déposés depuis fin juin pour des avoirs non déclarés hors de France. De manière générale, les services fiscaux espèrent récupérer 2 milliards d’euros en 2014 grâce à la lutte contre la fraude fiscale. Or, selon plusieurs estimations publiées par des quotidiens suisses, les Français détiendraient encore 80 000 comptes non déclarés, parfois depuis plusieurs générations, sur lesquels ont été déposés 70 milliards d’euros.

Boutoir. Pourquoi cet argent commence-t-il à sortir ? «Parce qu'il y a eu un changement de génération, selon le directeur de l'ASB. Les clients héritiers des comptes de

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