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Reportage

Taxe : la ruade du monde équestre

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Associations et professionnels du cheval ont à nouveau manifesté hier à Paris contre «l’équitaxe», la TVA dont le relèvement de 7 à 20% est prévu en janvier.

Publié le 24/11/2013 à 21h06

«Bientôt, je serai au chômage ! Non à la TVA de 7 à 20%.» Sa pancarte dans le dos, un poney-peluche en guise d'écharpe, Ghislaine rejoint la place d'Italie, à Paris. Le monde équestre, en colère contre le relèvement de la TVA sur une injonction de Bruxelles, avait appelé hier à un baroud de grande ampleur.

Ghislaine en est. Elle se bat pour Tipi'Jo, son petit centre équestre, à 15 km de Montpellier. «Nous avons 20 chevaux, 60 licenciés, raconte-t-elle. Nous en avions 150 avant la crise, et nous n'avons plus les moyens de prendre un salarié.» La recette du club - 365 euros par licencié et par an pour une heure de cours par semaine - suffit tout juste à maintenir l'activité à flot. Ghislaine complète les ressources via un mi-temps dans un labo. Sa fille, Claire, 22 ans, brevet professionnel de moniteur d'équitation en poche, vient de rejoindre Tipi'Jo avec le statut «d'aide familiale» pour réduire les charges. Le centre départemental d'équitation de l'Hérault avait acheté 150 places de TGV au départ d'Avignon, et financé la moitié du billet. «Sinon on ne serait pas montées», disent-elles.

Fourrage. Valérie Martinez, 42 ans, gérante, elle, d'un petit club proche de Narbonne, redoute l'obstacle d'une hausse de TVA. Avec ses parents, elle vient de créer un petit centre, «par passion» du cheval. «On est né là-dedans», explique Valérie dont les grands-parents et les arrière-grands-parents ont élevé des chevaux.

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