Menu
Libération
Portrait

Jean-Michel Favennec : «Les paysans, usés, ne sont que des pions»

Réservé aux abonnés

Jean-Michel Favennec, 46 ans, est éleveur laitier à Le Cloître-Pleyben.

Jean-Michel Favennec rêve d'un grand soir. (Photo Dominique Leroux)
ParChristian Losson
Envoyé spécial dans le Finistère
Publié le 28/11/2013 à 21h16

La nuit tombe sur Le Cloître-Pleyben, 570 âmes ; le bar-tabac affiche complet et il s'y glisse pour un ravitaillement en clopes. Il lui faut trois kilomètres pour regagner dare-dare sa ferme à l'heure de la traite de ses 80 brunes des Alpes. «Une bonne race, qui pourrait faire du bon fromage. Si les coopératives ne nous en empêchaient pas…» Jean-Michel Favennec, 46 ans, est installé depuis vingt ans dans cette exploitation de 50 hectares. Il est le patron de la Coordination rurale de la région, deuxième syndicat agricole, qui se veut «indépendant». Il l'assure : «On a hésité à rejoindre la FDSEA dans les bonnets rouges, qui ne pensent qu'agrobusiness, mais comme personne ne parlait vraiment des agriculteurs, on y est allés. Pour nous, chaque maillon est quelque chose à part.» La base, surtout, a pressé. Pour rappeler «qu'un tiers des paysans bretons ont disparu en dix ans», marteler que «pour ceux qui restent, leur revenu est négatif», ou que «50% vont bientôt partir à la retraite».

Il sait discourir habilement sur l'impasse de l'agroalimentaire. Pour lui, les agriculteurs doivent «gagner dignement leur vie par la vente au juste prix de leurs produits, afin de pouvoir investir, embaucher et installer des jeunes». Il marque un temps : «Le malaise est si profond. Le climat anxiogène. On voit des gens, même des types qui se disent du PS, tenir un discours d'extrême droite, c'est alarmant.»

Jean-Michel Favenne

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique