Le système scolaire français est-il si nul ? Non, mais il est beaucoup plus inégalitaire que ce que l’on aimerait croire. Chaque pays entretient une relation passionnée avec son modèle éducatif, parfois au mépris des faits. Le modèle français dispose de nombreux atouts. Le système primaire et secondaire est globalement bien doté, et il repose sur un modèle de programme national et de recrutement sur concours que nombre de pays nous envient. Malgré sa sous-dotation chronique, notre système d’enseignement supérieur est parvenu à former dans des conditions parfois héroïques une part sans cesse croissante des jeunes générations. Si ce modèle touche ses limites, c’est d’abord parce que l’on refuse de reconnaître les inégalités qu’il génère, d’expliciter des objectifs précis en matière de réduction de ces inégalités, et de se donner les moyens d’évaluer démocratiquement leur mise en œuvre.
D’après l’enquête internationale Pisa, l’écart de compétences scolaires à 15 ans entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés figure parmi les plus élevés au sein des pays développés. Quelles que soient les imperfections de ces comparaisons, espérons au moins que cette mise en garde nous incitera à faire toute la lumière sur cette dérive de notre modèle.
Ce manque de transparence s’exprime de façon particulièrement crue dans le système des Zones d’éducation prioritaire (ZEP). Créé dans les années 80, étendu à la fin des années 90, renommé dans les années 2000, mais toujours en vigue




