Les Français pourront-ils soigner leurs petits bobos sans passer par la case pharmacie ? Hier, l’Autorité de la concurrence a publié un avis en faveur de la fin du monopole des pharmaciens sur la vente de médicaments sans ordonnance ou non remboursés, comme les Doliprane, Fervex et autres Lisopaïne. Cet avis fait suite à l’insistance de la Commission européenne pour l’ouverture de l’ensemble des professions réglementées. Une bonne nouvelle pour les acteurs de la grande distribution qui lorgnent ce marché à 2 milliards d’euros par an.
Le gendarme français de la concurrence est favorable à la libéralisation du marché de l'automédication en s'inspirant du modèle du voisin italien. Son président, Bruno Lasserre, estime que «le statu quo ne peut pas être maintenu, puisqu'il existe de très forts écarts de prix» entre les officines, allant de un à quatre pour le même produit. Selon l'institution, ce changement de réglementation représenterait une baisse des prix de 11 à 16% pour les consommateurs. Seule limite : que des diplômés en pharmacie soient présents dans des «espaces dédiés et délimités, avec un encaissement distinct».
La fin du monopole sur la vente de ces produits devrait avoir un effet limité sur les marges des pharmaciens, estimé entre 3,7 et 5%. Mais ils se sentent attaqués par les recommandations de l'Autorité de la concurrence. «Elle raisonne en termes purement économiques sans faire de véritable analyse des enjeux de santé publique»,




