A l'épreuve du pouvoir, les socialistes sont capables d'accomplir des mues insoupçonnées. Il y a un peu plus d'un an, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, avait qualifié de «révolution copernicienne» le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, et surtout sa mesure phare, le crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Et pour cause. En consentant, par cette mesure, 20 milliards d'euros de baisse d'impôts aux entreprises à partir de cette année, le chef de l'Etat avait même été contraint, à l'époque, de relativiser un tel virage, essayant de le situer à l'intérieur de la pensée socialiste. Au grand dam de la gauche de la gauche et de nombre d'élus PS, ce dispositif en faveur d'une politique de l'offre, donc des entreprises et non pas des ménages, constituait «une vraie rupture».
Choix. Mardi soir, dans son allocution de nouvel an, François Hollande a montré à quel point il assumait ce choix fait il y a plus d'un an. Au risque de devoir se défendre (à nouveau) d'être le président des patrons, le locataire de l'Elysée a appelé à la «mobilisation de tous». Avec un niveau de chômage en hausse, il aura fait l'impasse sur sa promesse faite d'infléchir la courbe avant la fin 2013. Et c'est de nouveau vers les entreprises qu'il se tourne pour mener son «seul engagement», celui de l'emploi. Aux entreprises, il proposera très vite un «pacte de responsabilité». En apparence, le




