Associations, villes, collectivités locales : chacun y va de sa petite monnaie. Sur le seul dernier trimestre, le Béarn, l’Auvergne, Lyon, Montreuil et La Garenne-Colombes ont présenté leurs projets de devises, imaginés la plupart du temps par des associations. Au total, il existe aujourd’hui une soixantaine de monnaies sociales dans l’Hexagone, en cash - sous forme de coupons-billets - ou numériques.
La crise économique, un ras-le-bol du système bancaire, ou encore la contestation de l'euro expliquent l'ampleur de ce phénomène. En France, ces nouveaux modes d'échanges ont émergé en 2002, suite au rapport «Reconsidérer la richesse», commandé par le gouvernement Jospin. L'essayiste altermondialiste Patrick Viveret y défendait l'idée de «changer notre rapport à la monnaie, dégradé. L'enjeu prioritaire [étant] l'appropriation citoyenne de la monnaie». L'autre intérêt est de favoriser la circulation au niveau local pour soutenir l'économie réelle. Il conçoit le projet «sol», c'est-à-dire la création de monnaies locales à parité avec l'euro, présentées sous forme de coupons-billets, et utilisables auprès d'un réseau de commerçants agréés (lire ci-contre). Les partenaires commerciaux doivent prouver qu'ils favorisent bien les circuits courts, respectent l'environnement, les règles sociales du travail et les valeurs de l'économie sociale et solidai




