La promesse du chômage dans six mois en guise de vœux de bonne année. Hier matin, les 350 ouvriers papetiers de Stora Enso ont appris la fermeture prochaine de leur usine de Corbehem (Pas-de-Calais), spécialisée dans la production du papier couché des magazines et des catalogues. «Si vite, comme ça, en début d'année, on ne s'y attendait pas», s'attriste René Lamour, délégué syndical FO. Le rond-point juste à côté de l'usine mastodonte porte la marque de la colère des salariés : les bandelettes de papier s'amoncellent sur la pelouse, se lovent le long des grillages, agitées par le vent.
Yo-yo. La direction a lâché le morceau lors d'un comité d'entreprise exceptionnel organisé hier à la demande des syndicats, inquiets. Mais le site était en vente depuis octobre 2012, et les salariés ont vécu quatorze mois entre espoirs et incertitudes, un yo-yo qui en a fragilisé plus d'un psychologiquement, affirme Laurent Fauveaux, élu CGT. Ils n'ont jamais cessé de sensibiliser politiques et opinion publique à leur sort, avec des opérations escargot sur l'autoroute A1 et des blocus devant le conseil régional ou la préfecture.
Avant Noël, les Stora Enso espéraient encore un rachat de l'usine et attendaient des nouvelles du repreneur. «On n'a jamais su son nom, mais il paraît qu'il existait vraiment. Seulement, il n'avait pas beaucoup de moyens financiers, ironise René Lamour, de FO. Il a trouvé un investisseur. Celui-ci non plus, on n




