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analyse

Social-démocrate ou social-libéral ? Hollande navigue entre les lignes

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Vocabulaire de plus en plus droitier, politique de l’offre assumée en faveur des entreprises… le président de la République ne jure que par la reprise de l’emploi.

Publié le 12/01/2014 à 21h26

Quel pourrait être le nom de la drôle de politique de François Hollande, certes encore un peu de gauche, mais qui utilise de plus en plus une lexicologie de droite ? Est-ce toujours du socialisme ? Une politique sociale-démocrate ? Ou déjà un social-libéralisme qui n'ose surtout pas dire son nom ? François Hollande n'a jamais aimé les définitions et encore moins les idéologies. Peut-être parce que lui qui n'aime rien tant que garder une liberté de mouvement (intellectuelle et physique) aurait peur de s'y laisser enfermer. Déjà, lors de la précédente conférence de presse, le chef de l'Etat avait nié l'évidence, en refusant d'assumer le mot de «social-démocrate», se réaffirmant comme «socialiste».

Boussole. Demain, il refusera évidemment de porter les couleurs du social-libéralisme, puisque le mot est honni par toute la gauche française. Le hollandisme a ceci de commun avec le sarkozysme qu'il est aussi (et peut-être surtout) un opportunisme politique. Certes, à sa boussole, Hollande a toujours eu au moins trois cadrans qui n'ont jamais bougé pendant toute sa vie publique : l'Europe, l'économie de marché (et donc la compétitivité des entreprises comme condition du progrès) et le dialogue social. Mais à l'intérieur de ce triangle d'or, il aime évoluer au gré des situations et des contextes.

Faut-il pour autant parler de tournant depuis ses vœux du 31 décembre et l'annonce de son pacte de responsabilité avec le patronat ? Une

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