«On sait qu'il va falloir se battre», soupire Thierry Bertin, délégué syndical SUD à la Redoute. Ce matin, au siège roubaisien, débutent les négociations entre les repreneurs de la vieille dame de la vente à distance et les syndicats, lors du premier comité d'entreprise consacré au projet de cession. La couleur - noire - a déjà été annoncée : près de la moitié des effectifs supprimés d'ici quatre ans, soit 1 178 postes sur les 2 460 que compte la Redoute à Roubaix et dans les villes alentour. Un drame social qu'il s'agit d'atténuer au maximum. «La fortune personnelle de François-Henri Pinault [qui, via sa holding Kering, est l'actionnaire sortant de la Redoute, ndlr] s'est accrue de plus de 4 milliards d'euros l'année dernière, il peut bien consacrer quelques millions aux salariés qui ont fait sa richesse et lui ont permis ses investissements dans le luxe», affirme Jean-Christophe Leroy, le délégué syndical CGT.
Corbeille. Kering avait annoncé sa volonté de vendre son vaisseau amiral dès 2009, et a longtemps hésité entre différents plans de reprise. Il s'est finalement décidé à le céder pour un euro symbolique à deux de ses cadres, Eric Courteille, secrétaire général de Redcats, et Nathalie Balla, l'actuelle PDG de la Redoute. Avec 315 millions dans la corbeille pour moderniser l'entreprise, qui en a bien besoin, et assurer le fonds de roulement jusqu'au redressement des comptes, prévu pour 2017 dans le business




