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Interview

«Il active le levier de l’offre en desserrant la contrainte budgétaire»

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Xavier Timbeau, de l’OFCE, trouve «malin sur le plan politique» le positionnement de Hollande :

Publié le 20/01/2014 à 21h26

Pour Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision à l’Observatoire français des conjonctures économiques, le gouvernement a fait le choix d’une politique économique jouant à la fois sur l’offre et la demande.

Hollande a-t-il fait le bon choix en affirmant qu’il fallait favoriser les entreprises ?

On peut toujours continuer à se poser la question de savoir si oui ou non il fallait s'engager sur une politique de baisse du coût du travail. Ce débat n'est plus d'actualité. Il existe, depuis le rapport Gallois, un consensus sur le fait que le taux de marge des entreprises non financières s'est dégradé depuis la crise de 2008. Il est passé de 31% avant la crise à environ 28% aujourd'hui. Et c'est précisément dans ce cadre-là qu'a été conçu le CICE [crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, ndlr]. La France n'évitera pas la spirale déflationniste en sacrifiant les entreprises.

Il faut baisser le coût du travail ?

Si le gouvernement avait décidé de ne pas le baisser, il n’aurait pas empêché la déflation en Europe. Par contre, cela aurait été une façon de sacrifier nos entreprises.

Mais la solution à la crise ne se trouve-t-elle pas du côté de l’Europe ?

Les politiques de lutte contre la crise ne peuvent se faire qu’à l’échelle européenne, notamment par le biais de politiques monétaires accommodantes, de relance de la demande ou de la création d’un salaire minimum au niveau européen. Mais la réalité est tout autre.

Une réalité qui expliquerait les choix du gouvernement ?

Oui. Dans un contexte de faible coopération européenne, le gouvernement n'avait d'autre choix que d'adopter une politique non coopérative. Avec une baisse du coût du travail en France, les entreprises devraient, à terme, retrouver une part

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