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Libération

Moscou reprend une place centrale dans le nucléaire hongrois

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Publié le 21/01/2014 à 21h36

En 1989, un étudiant nommé Viktor Orbán exigeait que les troupes soviétiques quittent la Hongrie. Devenu un politicien ultraconservateur, il a constamment martelé le danger de retomber dans la sphère d'influence russe et de devenir «la baraque la plus gaie de Gazprom». Mais, revenu au pouvoir, Orbán privilégie la realpolitik. La Hongrie vient de conclure un accord majeur avec Rosatom : le géant russe va construire deux nouveaux réacteurs sur le site de Paks, l'unique centrale nucléaire hongroise, à 100 km au sud de Budapest. Moscou octroie un crédit de 10 milliards d'euros, soit 80% du coût du projet.

Bâtie par les Soviétiques entre 1982 et 1987, la centrale fournit 40% de l'électricité du pays, grâce à ses quatre réacteurs actuels, à eau lourde. La Hongrie souhaite renforcer le poids du nucléaire pour, à terme, réduire sa forte dépendance énergétique : 80% de son pétrole et 75% de son gaz proviennent de Russie. Par ailleurs, le pays importe 20% de son électricité, ce qui le rend vulnérable à une éventuelle flambée des prix. La nouvelle tranche de la centrale, opérationnelle vers 2023, produira plus d'énergie que les anciens blocs qui devraient être hors-service vers 2032. «La Hongrie pourra offrir une électricité à prix compétitif et attirer de nouveaux investisseurs», indique György Barcza, de Századvég, le think tank du parti au pouvoir. Le français Areva et l'américain Westinghouse étaient sur les rangs, mais Budapest aurait choisi les Russes parce qu'il

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