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Vie et mort d’une étonnante prophétie

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Sortie du chapeau par surprise en septembre 2012, l’inversion de la courbe du chômage aura été le mantra de l’Elysée. Histoire d’un coup de poker qui faillit être gagnant.

Publié le 27/01/2014 à 21h36

Nous sommes le 19 juillet 2013. François Hollande reçoit à l'Elysée en petit comité. Comme d'habitude, il s'assoit sur le fauteuil qui jouxte la double porte d'entrée de son bureau. Comme d'habitude, on l'interroge sur son engagement d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année. Il répond comme un joueur d'argent qu'il n'est pas. «Personne n'y croit, c'est une chance. Ou ça passe et j'aurais eu raison contre tous. Ou ça ne passe pas et je pourrais dire : "Vous avez eu raison." Je prends mon risque et je verrai bien ce qu'il adviendra.» Il y a dans cette réponse une façon désarçonnante, pour ne pas dire désinvolte, de botter en touche. Comme si tout cela n'avait finalement que peu d'importance, puisque les paris n'engagent que ceux qui les croient.

François Hollande a donc pris son risque et a perdu : il n'aura pas réussi à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année. A peine à la stabiliser. Le volontarisme politique n'aura pas suffi. A l'Elysée on avait fini par croire à cette jolie fable, celle d'un Président qui aurait raison seul contre tous : les économistes, les journalistes, les grandes institutions internationales comme le Fonds monétaire international ou l'OCDE. Mais en économie, les chiffres sont parfois têtus. Après la hausse de novembre, le nombre de chômeurs en catégorie A a augmenté de 10 000 personnes en décembre. Seul le chômage des jeunes a, lui, réellement reculé en 2013. Un conseiller relativise l'échec du pari présidentiel : <

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