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Interview

«On a du mal à transformer une idée en objet de marché»

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Pour le directeur de l’Institut de la propriété intellectuelle, la France n’a pas à rougir en matière d’innovation. L’enjeu : passer de la création au business.

Yves Lapierre. L'Inpi, qu'il dirige, a receuilli 16 900 brevets l'an dernier. (Fred Kihn)
Publié le 09/02/2014 à 18h36

En janvier, Yves Lapierre a organisé les Trophées de l’innovation de l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi). L’occasion pour ce polytechnicien de rappeler que la France n’est pas tant à la traîne dans ce domaine. L’organisme qui recense chaque année le nombre de brevets déposés l’atteste. Mais cette mesure est insuffisante : en France, on peine encore à transformer l’innovation en produit.

Comment définissez-vous l’innovation ?

L’innovation, c’est la capacité de transformer une invention en un produit ou service qui répond aux besoins du marché. L’innovation, c’est l’impact économique d’une découverte. Elle pousse parfois à créer un marché, comme ce fut le cas pour l’iPhone et l’iPad d’Apple. Elle ne se résume donc pas à une rupture technologique.

Avec les 34 filières que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a lancé et les sept thématiques de la commission Innovation 2030 d’Anne Lauvergeon, deux formes d’innovation s’affrontent. Montebourg se demande comment améliorer l’efficacité des filières et augmenter sa présence sur le marché ; Lauvergeon, elle, défend l’innovation de rupture dans la médecine individualisée ou le big data. Elle s’appuie beaucoup sur ce qui est issu des laboratoires de recherche et sur un marché lointain, fixé en 2030. Les deux logiques cohabitent.

La France est-elle en retard en matière d’innovation ?

Heureusement, non. En 2013, 16 908 brevets ont été déposés sur notre territoire. C’est 1,6% de plus qu’en 2012. Dans le monde et sur dix ans, la France a même progressé. Mais elle a reculé dans le classement de

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